Traces #02 – La couleur des terres traversées

Certaines couleurs ne se choisissent pas.

Elles apparaissent au fil des chemins, dans la poussière d’un sentier, sur la pierre chauffée par le soleil, dans les écorces, les terres humides ou les végétaux rencontrés en route.

Depuis plusieurs années, je collecte ces impressions de paysages. Non pour les reproduire fidèlement, mais pour comprendre comment une matière peut conserver la mémoire d’un lieu.

La teinture végétale me permet d’explorer cette relation. Les colorants se déposent dans la fibre comme le temps se dépose sur les territoires. Les nuances se construisent lentement, par immersion, superposition ou attente. Elles racontent autant le geste que la matière qui les a produites.

J’aime observer ces textiles comme des fragments de cartographie. Les dégradés deviennent des horizons. Les variations de couleur évoquent des reliefs, des zones d’érosion ou des strates géologiques.

La couleur n’est plus seulement une surface.

Elle devient la trace d’un déplacement, d’une rencontre et d’un paysage traversé.